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jeudi 21 mars 2013

Ma vie comme dans un film


Ce matin, je me réveille après le 2ème rappel de mon alarme, jusque là, rien d'exceptionnel, surtout en fin de semaine. Après un petit déj vite avalé, je prépare ma salade de cactus pour le soir et packed mon sac pour la journée (ne pas oublié son jogging pour le yoga, et ne pas oublié le clafoutis aux pommes caramélisées pour la pause de 15h, faut bien faire honneur à la cuisine française !). Je décide de ne pas prendre le vélo (chargé de mon clafoutis qui pèse une tonne) et je pars donc en voiture au boulot, comme font des millions de personnes chaque matin. Je passe les gardes sécurités du lab, ce qui est déjà un premier pas, dans "ma vie comme dans un film". Lorsque j'arrive sur le grand parking de mon building, je vois des panneaux indiquant que la route est ensuite fermée. Tient tient, étrange. Ils font peut-être des travaux... Je cherche ensuite une place sur la parking qui est bien plein... plus que d'habitude (à moins que cela soit parce que je suis arrivé un peu plus tard que d'hab (lié à mon 2ème rappel d'alarme)....) Tient Tient, étrange... Une fois garé, je sors de la voiture, et mon instinct de chasseur (ou de proie ?) me fait faire un tour d'horizon détaillé de ce qui se passe autour de moi. Quelque chose ne tourne pas rond. J'aperçois tout d'abord des voitures de Police du County of Los Alamos. Etrange. Elles ne patrouillent pas dans le lab normalement. C'est réservé à la garde nationale. Encore plus étrange, elles sont alignées les unes derrières les autres. Puis j'aperçois les 4x4 de la garde nationale en face des voitures de police, elles aussi bien alignées. Je tente de m'approcher. Un cordon jaune, comme dans les films, entour la scène. Je suis de plus en plus intrigué. Je fais quelques pas quand j'aperçois cette fois-ci, les blindés du lab avec leur mitraillette sur la tourelle. Oh putain, ça ne rigole pas. Il doit se passer un sacré truc : une parade pour un dignitaire, un mec important (au moins le ministre de la défense !). Au milieu de la place vide, protégée par tous ces véhicules, se trouvent deux voitures banalisés. A coté de l'une d'elles, une petite parabole est posée, là, parterre... Bizarre bizarre. A oui, j'oubliais de vous dire que tout ça se passait à coté du radar de 5-10m de diamètre qui pointe en permanence vers le ciel. Bien qu'il fasse partie du décors, je me demande toujours à quoi il sert chaque fois que je le vois. Je préfère ne pas m'avancer. Quand j'aperçois 3 types qui sortent d'une autre voiture banalisée, décidément. Ils se retournent. Trois lettres, jaunes sur fond noir, se détachent de leur blouson : F B I. Wouahhhh ! Ce matin, je vis ma vie comme dans un film. Je décide de ne pas trainer plus longtemps dans les parages, quitte la scène et retrouve mes collègues de bureau. Aucun d'entres eux n'a assisté à la scène, ni se doute de quoi que ce soit. Ce midi, tout était rangé, le parking désert....
 
Ce soir, il est presque 10pm quand je rentre du boulot... Ma salade de cactus m'attend, sagement au frais. Cela fait 3 jours que je la prépare. Le plus dur est de drainer les feuilles de cactus. Elles sont pleines d'agave, le liquide qui sert à faire les tequilas. C'est un truc incroyable. Tu fais des trous dans le cactus, tu le presses, tu le rinces et il reste toujours de l'agave. Les feuilles de cactus suintent littéralement l'agave. C'est visqueux et un peu repoussant.
Une fois les feuilles dégorgées de leur sève, rincées et séchées, je les ai découpé en morceaux. Pour faire la salade, on ajoute des dés de tomate, 5 piments verts (des Jalapenos, ça pique trop, j'en ai mis 1), un demi oignon, pas mal de coriandre fraiche, le tout est arrosé du jus de 2 citrons. Il faut laisser macérer 1h min (une journée, ce n'est pas de trop).
  





Résultat, le cactus a bien eu le temps de dégorger toute la journée. Me voilà bon pour manger une salade visqueuse (cf la vidéo).  Bon appétit bien sûr ! La prochaine fois, j'attendrai d'être en Arizona pour manger une salade de cactus. Ah bah ça tombe bien, j'y serai dans 2 semaines :-) !


 
 

lundi 4 février 2013

XCORR

Je ne vais pas tourner autour du pot, ce week-end fut riche en un peu tout et n'importe quoi. Pas facile de trouver une ligne directrice pour ma niouze du week-end.... que je vais faire commencer Vendredi, soyons fou.
En effet Vendredi, cela fait 5 jours que je me prends la tête sur un problème normalement super easy : déterminer le déphasage de 2 signaux de type chirp. Pour ceux à qui ça ne parle pas du tout, ne vous en faites pas, c'est un truc de geek spécialiste du traitement du signal. Par contre, pour ceux à qui un calcul de déphasage n'a plus de secret, je les vois déjà en train de marmonner un peu agacé: "pfff, il a qu'à faire un xcorr et on n'en parle plus !Il ne va pas nous en faire toute un histoire, quand même, non !!! C'est quoi ce mec qui est cristallisé et qui ne sait pas se servir de xcorr..." Ouais, je sais, je connais xcorr, merci. C'est bien ça mon problème. C'est que je ne retrouve pas mes petits avec xcorr. Au début de la semaine, je suis zen, Vendredi, la fonction xcorr me sort par les trous de nez. Je commence à jurer devant mon PC. Je ne vais quand même pas me gâcher mon week-end (j'en suis capable) et ma soirée SPACE PIRATE PARTY à cause de xcorr, merde, quoi ! 
Il est déjà Vendredi midi et ça ne fonctionne toujours pas. Comme presque tous les midi maintenant, on va se taper un mexicain (ne pas oublier le "se") chez le fameux Chili Works, avec Zhe Frenchie et Zhe Frenchette. Comme on est Vendredi, on est quasiment les seuls au labo et l'ambiance et plutôt détendue. Zhe Frenchie et Zhe Frenchette en profite pour faire mumuse avec le tensiomètre à disposition dans la cuisine (il y en a un peu partout dans le labo, sécurité, sécurité) pendant que je fais le café : "alors, c'est quoi ton rythme cardiaque Zhe Frenchie ? Oh, le mien est plus bas que le tien, lalala, Oui mais moi je suis petite, c'est normal, répond Zhe Frenchette, c'est bien connu que le cœur des souris bat plus vite que le cœur des éléphants! Et notre tension, elle est comment ? Ah on a la même, on est dans le vert, tout va bien, lalala..... Et toi Sylvain, tu n'as pas testé la machine, essaye, qu'on rigole, t'as l'air tout stressé, on t'entend jurer devant ton PC dans tout le couloir". Je me prête au jeu, après tout on est vendredi et l'ambiance est détendue. Résultat.... je suis dans le rouge ! Merde. Zhe Frenchie et Zhe Frenchette rigole jaune. Moi aussi. Faut absolument que je résolve mon GRAVE problème xcorr, avant d'avoir un GRAVE problème de santé. 
Plus que quelques heures. Je ne me laisse pas déconcentré par les petits mails que Zhe Frenchie et Zhe Frenchette s'échangent sur mon dos et ma fin de vie imminente. Quand aux alentours de 19h, je finis par dompter cette F#CK!nG fonction xcorr. Je pousse le cri de la victoire (qui résonne dans les couloirs vides du labo). J'ai sauvé mon week-end, et gagné surement quelques année de vie supplémentaires, je suis prêt pour ma soirée SPACE PIRATE PARTY ! Je claque mon PC, file chez mon nouveau chez moi prendre mes affaires, de quoi faire un déguisement de space pirate (un T-shirt noué sur la tête et des lumières de vélo, plus une boucle d'oreille en fil à souder), mange une tranche de pain au beurre de caouète au cas où on oublie de manger (ça arrive parfois, même aux meilleurs) et part rejoindre Zhe Frenchie à Santa Fé. Je vais passer ma 1ère grosse fête chez des américains, youhou ! Elle a lieu au bout d'une rue en terre, dans une maison typique de Santa Fé, de plein pieds, avec des murs en adobe. Je gare ma voiture d'emprunt dans un coin sûr car elle devra passer toute la nuit toute seule (ayant pris de quoi faire quelques margaritas, nous ne pourrons compter que sur nos pieds dans quelques heures...). Dans la maison, tout le monde ou presque est déguisé et maquillé. Nos déguisements de fortune se fondent impeccablement bien dans le paysage, surtout grâce aux lumières des vélos. La musique est bonne. Les gens viennent d'horizons très différents, ils sont étudiants, photographes, hippies, journalistes, réceptionnistes, en quête d'eux-mêmes... On parle massage, flux d'énergie (quelques uns viennent de l'école de massage de Santa Fé), du Texas et comment c'est pourri à coté du Nouveau-Mexique. Un concours de Beer Pong s'improvise à l'aide des fameux verres rouges. Bref, j'ai l'impression de me retrouver 15 ans en arrière, lors de nos fameuses teufs à l'UTC ;-). A 3:00am, le rentrage à pieds s'impose. La soirée fut bonne ! Xcorr n'habite plus mes pensées, mission accomplie !
 
http://www.collegehumor.com/article/5440687/a-red-plastic-cup-at-the-party
 
  
Zhe frenchie éclairé par une piratesse (spécialement pour la photo), et moi-même éclairé par le doigt de Zhe Frenchie. Remarquez ma fier allure avec mon t-shirt-pirate sur la tête ;-) !

 
 Juste pour sentir l'ambiance.
 

vendredi 1 février 2013

Cristalisation

D'après Wikipédia, la cristallisation peut s'appliquer à différents domaines.
  • En minéralogie, la cristallisation est le phénomène par lequel un corps passe à l'état de cristaux.
  • En apiculture, la cristallisation est le phénomène par lequel le miel passe à l'état de cristaux.
  • En chimie, la cristallisation est  une opération unitaire du génie chimique consistant à isoler un produit sous forme de cristaux.
  • En géologie, la cristallisation fractionnée désigne le processus d'évolution de certaines roches 
  • En littérature et en psychologie, le terme cristallisation désigne un type de sentiment amoureux.

  •  
    Malgré les efforts consentis par les bénévoles qui mettent à jour et vérifient le contenu des pages de Wikipédia (qui est, soit dit en passant, une véritable mine d'informations), cette liste de cristallisations n'est pas exhaustive. Il en manque une qui n'a lieu qu'une seule fois par an. Le processus à lieu lorsque des sages se réunissent, discutent âprement, se disputent parfois. Ces sages sont chercheurs ou ingénieurs. Ils travaillent tous au CNRS. A l'issu de leurs débats, parfois intenses, sort une liste de noms (entre 15 et 20, suivant si l'années a été bonne ou non) qui est validée par le Président du CNRS. Qu'arrive-t-il ensuite ? Les personnes dont le nom apparait sur la liste sont officiellement cristallisés. C'est à dire qu'elles reçoivent le très convoité et normalement mérité Cristal du CNRS (qui n'est délivrée qu'aux ingénieurs et technicien). C'est un peu comme la camera d'or (du festival de Cannes), les chercheurs, eux, ont des palmes médailles (bronze, argent ou or (1 seule médaille d'or par an, et en général, le prix Nobel suit dans la foulée !)).
     
    Liste des cristallisations du CNRS de l'année 2013
    Et si vous avez bien regardé les noms sur la fameuse liste, vous avez certainement remarqué que le mien apparait ! Le CNRS va donc opérer MA cristallisation courant de l'automne, période de la remise des prix. Je vous raconterai ce que ça fait (j'espère que ça fait pas trop mal). Je suis assez fier et je vais tâcher de continuer à mériter cette distinction (j'ai quand même pris de sacrés risques ces derniers temps, au nom de la Recherche, je suis donc sûr la bonne voie). Je ne vous cache pas non plus, que je vais commencer à faire le tri dans mes connaissances et éviter (voir bannir) certaines personnes (un peu trop marketing, un peu trop gestion de projet ou même carrément artiste) de mon entourage. Dorénavant, j'ai un certains standing à maintenir !! Faut pas se foute de la gueule du monde, non plus ! Si je suis en train de prendre la grosse tête, bah oui, évidemment, je suis comme ça ! D'ailleurs je vais de ce pas corriger la page de Wikipédia sur la cristallisation et ajouter :
    • En recherche, la cristallisation signifie qu'un ingénieur très talentueux vient d'être distingué par ses paires pour ses travaux remarquables. Un exemple, Dr. Sylvain H. !
     Allez, je vous laisse, bande de nazes !
    ......
     
    (au cas où quelqu'un prendrait ce blog en cours de route,  sans me connaitre, je tiens à signaler qu'il faut lire cette niouze au 32ème degré, hein ! Ca va mieux en le disant...)
     
     

    lundi 28 janvier 2013

    Mieux vaut faire son plein à poil qu'en pull à poils...

    Aujourd'hui, comme prévu, j'ai passé mon training de sécurité électrique générale. En plus d'être apte au travail, c'était très instructif. 1st rule : ne pas mettre les doigts dans la prise, véridique. C'est vrai que ça va mieux en le disant. Je suis aussi au fait des spécificités de l'électricité américaine : 110-120V, 60Hz (ce qui ne change pas grand chose si on met les doigts dans la prise, on sera choqué 120 fois/s au lieu de 100 fois/s) ; Je sais maintenant qu'il ne faut pas mettre les doigts sur les capacités de son micro-onde quand on le démonte; je sais qu'il ne faut pas brancher des rallonges en série, surtout pour mettre un radiateur au bout sous peine de voir fondre les rallonges et/ou les câbles; je ne changerai plus une ampoule de la même manière qu'avant. Au lieu de simplement éteindre l'interrupteur, je mettrais hors service le circuit d'alimentation propre de l'éclairage, ok, et j'ajouterais un cadenas au disjoncteur pour éviter que quelqu'un ne remette le courant pas erreur, ah oui, j'y avais pas pensé...
    Puis on a parlé des arcs électriques. Putain, ça c'est du gros. L'éclair est un arc électrique naturel. Et le Nouveau-Mexique est l'état qui compte le plus grand nombre d'éclairs aux USA (et peut-être dans le monde). Flippant. D'ailleurs il y a même une installation artistique dans le désert du Nouveau-Mexique (Diaart) où les éclairs sont guidés par des piquets métalliques régulièrement plantés dans le sol.
     
    installation du DIAART
     
    Il y a bien sûr les arcs électriques qui peuvent aussi se produire dans les installations électriques à très haute tension, plusieurs milliers de Volts. En effet, il faut que la tension accumulée d'un coté, soit supérieure à la rigidité diélectrique de l'air qui est 3600 volts/mm. Ces arcs électriques peuvent sérieusement nous brûler. Il y a enfin les petits arcs électriques que l'on produit nous même. Et j'en viens à une question qui me taraude depuis que je suis arrivé à Los Alamos. Pourquoi je me prends des dizaines de choc électrique par jour ?! Dès que je touche la rampe de mon escalier, ma voiture, un interrupteur, la moquette, mes lunettes, mon ordi, quelqu'un (enfin, ça, ça n'arrive pas souvent)... je me prends un putain de choc électrostatique. La réponse est venue dans ce cours. Alléluia !!! Merci M. l'instructeur : c'est que l'atmosphère est tellement sec ici et il fait tellement froid que l'humidité de l'air est presque nulle. Humidité quasi nulle = conductivité de l'air quasi nulle. Les électrons que j'arrache à longueur de journée en me frottant un peu partout comme un sale, ils s'accumulent sur moi au lieu d'être relâcher dans la nature. Et dès que je touche un matériau conducteur, bing ! D'ailleurs, il faut que je fasse gaffe en faisant le plein de ma voiture, étincelle + essence = feu, et ça n'arrive pas si rarement que ça au Nouveau-Mexique. Moralité, mieux vaut faire son plein à poil qu'en pull à poils...
      
     
    Enfin pour finir, M. l'instructeur nous a appris comment ne pas se faire bouffer par un puma. Si si. C'était un exemple concret sur comment se prémunir contre les dangers de l'électricité. L'instructeur a pris l'exemple du randonneur bien préparé contre les dangers de la rando. Il doit se munir d'une carte ou mieux d'un GPS, prévenir un ami de son trajet, prévoir des vêtements chauds si la météo change, de l'eau et de la nourriture s'il est perdu et doit passer une nuit ou deux dans la nature, et surtout ne pas oublier de prendre le fameux spray anti-ours. On avait fait le tour des dispositifs de sécurité. Manquait juste comment sécuriser sa rando contre l'attaque d'un puma (il y en a pas mal qui trainent dans la région). Aucun spray n'existe. Une arme, c'est bien, mais faut voir le puma avant qu'il attaque, bien visé, bref, c'est mission impossible. Alors quoi ? C'est quoi la solution, putain ! Je veux pas crever dans les canyons de Los Alamos, seul, avec mon spray anti-ours qui sert à rien. Il existe bien une solution, que M. l'instructeur a eu la gentillesse de nous faire partager. Prenez-en note (juste au cas où). Le puma est réputé s'en prendre au plus petit du groupe. Donc une solution est de ne pas partir seul, mais accompagné. Cette personne devra être judicieusement choisie pour être de petite taille (attention, on est toujours le plus petit de quelqu'un, se méfier d'une invitation surprise en rando). Si vous n'en connaissez pas, c'est le moment d'ouvrir votre cercle d'amis. Si vous êtes en famille, les enfant devraient faire l'affaire. Malheureusement, tout bon parent qui se respecte tient à ses enfants. Reste alors comme seule solution, de prendre un petit chien auquel vous ne tenez pas trop (pas la peine de lui trouver un nom, vous commenceriez à vous y attacher). Et voilà, vous êtes prêt à faire une bonne rando en famille dans les canyons de Los Alamos. Avis aux amateurs !
     

    mardi 8 avril 2008

    de Las Cruces à Los Alamos

    Bon Las Cruces, c'est peut-être la 2ème ville du Nouveau-Mexique mais c'est tout pourri. Pas moyen de trouver le centre ville, ou plutôt, celui-ci est inexistant. Et c'est bien dommage, car après la nuit que je viens de passer, j'aurais bien apprécié un petit breakfast, sur une terrasse, dehors, au soleil.
    Pour faire des économies mais aussi parce que c'est plus fun, on a fait une chambre filles et une chambre garçons. Les filles ont donc eu droit à une chambre avec 2 lits queen size, normal quoi. Nous les mecs, on a une droit à une chambre avec 2 lits King size, mais le hic, c'est que les lits King size n'en avaient que le nom. J'ai donc dormi avec mon collègue Michele, chacun dans son coin essayant de ne pas trop bouger pour éviter de toucher l'autre. Et puis moi j'avais trop chaud, comme d'hab, alors j'ai dormi sur les couvertures, tandis que Michele avec froid et a dormi avec les couvertures remontées jusqu'au nez. Et puis à 5h du mat', le voisin du dessus à décider que c'était l'heure et qu'il devait marcher dans sa chambre pendant les 3 prochaines heures. Le parquet grinçant, j'ai pas réussi à fermer l'oeil. Enfin bref, une grosse nuit de merde alors que j'avais bien besoin d'être en forme pour me taper le chemin retour.
    Il fait chaud, je suis en tshirt, j'ai pas top dormi, et nous voilà parti à la recherche d'un endroit pour manger un bon breakfast. Rien dans le pseudo centre ville, nous nous retrouvons sur la nationale en direction de l'autoroute. On aperçoit un centre commercial. On s'arrete au Wendys, genre de macdo. Fermé. Le taco bell... fermé ! Nous nous rabattons à contre coeur au mac do (c'est dingue, il y avait la queue au drive in pour commander les breakfasts !). Je me suis tapé un sundays (mauvaise idée de mettre du glacé dans le bide au petit matin, ça passe pas top), et j'ai pris un grand café, histoire de pouvoir le mettre dans la place qui lui est réservé dans la voiture !
    Après cette escale gastronomique, nous nous sommes dirigés vers le nord. On s'est arreté à Elephant Butte (drôle de nom) à coter de Truth of Consequence (autre drôle de nom). Il y avait un grand lac artificiel au milieu du désert. J'ai vu plein de cactus, comme dans les films :-) !




    Après nous avons fait un détour de 150km sur une route sans issue, si si, ça existe. Elle mène à une des nombreuses ghost town de la région qui s'appelle Choride. Cette ville (je devrais dire village, car il ne reste que 50 habitants) est vraiment paumée au milieu d'un grand rien.



    La ville a été construite vers la fin du 19ème siècle à la suite de la découverte de gisement d'argent. Très rapidement la nouvelle s'est répandue et la villa a atteint la taille très respectable de 3000 habitants en l'espace d'une dizaine d'année. Puis lorsque l'état a décidé de passer à l'or et au nickel pour faire les pièces de monnaie, le cours de l'argent à rapidement chuté et la ville a perdu la plupart de ses habitants. Les 50 habitants actuelles sont pour la plupart des descendants directs des pionniers. Le dernier pionniers est mort à la fin des années 90.
    On retrouve encore des maisons de l'époque qui ont été abandonnées. Une en particulier, a été vendue et réouverte pour la 1ere fois depuis presque 100 ans avec encore tous les objets de l'époque à leur place. C'est maintenant un musée et c'est super impressionnant de se promener au milieu des objets d'époque, restés à leur place.







    Ils ont aussi beaucoup d'humour les villageois (car il en faut pour vivre ici)


    (à droite, on peut voir des chiottes super équipées, qu'on peut même regarder le satellite pendant qu'on ...)

    Puis après avoir fait un saut de 100 ans, nous avons repris le chemin de Los Alamos. C'est long, très long.
    Les aires d'autoroute sont mortels (dans tous les sens du terme).



    (pour ceux qui ne le savent, rattlesnakes = crotale)

    Sur le chemin, pour tuer le temps, j'ai lancé le jeu de "devenez à quoi je pense". On a bien rigolé. Et puis après j'ai lancé la discussion philosophique de "c'est quoi votre plan pour les 5 prochaines années, des gosses, combien de femmes/maris, où vivre...". C'était très instructif.





    Et puis le temps a passé et nous avons dépassé Albuquerque, quant Carene remarque qu'il ne reste plus que 1/16ème de plein, c'est à dire pas grand chose. Alors, moi pour faire le malin et faire flipper un peu tout le monde (et puis je suis un sacré bout en train), je leur dis que c'est pas la peine de faire de l'essence. "Aahhh, bah mince, on vient de louper la dernière station service avant 80 km". Et là grand silence tout à coup. Je sens comme de la tension dans l'air. Plus personne ne parle. Grand silence. Moi, du coup, je refais mes calculs et je tombe juste, trop juste. Je décide de sortir à la prochaine sortie, qui est aussi la dernière sortie avant les 80km. Et je fais demi tour pour aller à la station. Michele, pousse un très grand soupire de soulagement... Que je suis drôle. Une fois le plein fait, on repart pour Los Alamos, tout le monde s'étant remis à discuter.
    Et voilà le week-end se termine. Je récupère toutes mes affaires dans la voiture, j'ai un peu froid. Je cherche mon manteau... Pas de manteau.... Et merde, je me souviens très bien où je l'ai mis la dernière fois : dans la penderie du motel à Las Cruces !!! Il est resté là-bas !
    Je tel le soir même au motel, mais le parton est déjà parti. Je rappelle le lendemain matin et là le patron, intransigeant me dit que ce n'est pas possible de me le renvoyer, mais que par contre ils le garderont un mois. Ça me fait une belle jambe. Moi, j'ai pas le temps de redescendre à Las Cruces. La dernière solution, c'est que je fasse l'aller-retour vendredi dans la journée en espérant arriver avant que l'avion de la France n'arrive à Albuquerque. Je serai tout naze mais j'aurai récupéré mon manteau (précisons qu'il est tout neuf et qu'il contient des trucs auxquels je tiens).
    Je pars au boulot tout énervé, trop con je suis. Arrivé au dernier carrefour avant le labo, je cherche mon badge, pas de badge.... MEEERRRRDDDDEEEE, il est dans mon manteau. Et en plus du badge, y a aussi la clé du labo qui ouvrent toutes les portes... Je sens monter comme une bouffée de chaleur. "Sylvain ne cède pas à la panique, on va trouver une solution...". Je rentre illégalement dans le labo (bah oui j'ai pas de badge et si je me fais choper sans badge, c'est centre de rétention, directement...). Je fonce voir le chef. Je lui explique la situation. Lui, toujours en train de rigoler, ne rigole plus du tout (je ne l'avais jamais vu comme ça). Je sens bien que j'ai fait LA grosse boulette. Quand je lui dis qu'il est dans mon manteau à Las Cruces. Il s'exclame, "Las Cruces, near Mexico !! I hope you didn't go to mexico with your badge". Euh non, ouf. Et là il me dit qu'il va falloir changer toutes les serrures, qu'il y a maintenant une grosse faille dans la sécurité du labo (qui je le rappelle, est classé sécurité défense)... Je suis pas dans le caca, comme on dit. Ma tête se décompose. Je me hais. J'ai du mal, beaucoup de mal à imaginer la suite des évènements. Grand chef, appelle le motel. Dit que dans mon manteau, il y a des trucs très importants et qu'on aimerait bien le récupérer (ça faisait un peu genre: "bonjour, c'est la CIA, ben voilà, on a besoin de récupéré le manteau car dedans il y a un peu des "trucs" secret défense qu'il faut pas que ça tombe entre les mains de n'importe qui"!!). Qu'il serait bien aimable de faire un petit geste. Il finit par craquer et se propose d'aller déposer le manteau dans un drop off Fedex ou UPS. Mais, bon, si la femme de ménage mexicaine a fouillé dans les poches et qu'elle est tombé sur mon badge et qu'elle en a fait part à un informateur directement en communication avec les services secrets des ennemis des states, je suis très très mal...). Avant de complètement céder à la panique, je rassemble mes forces, je réfléchis et je dis que je vais quand même vérifier chez moi s'il n'y est pas. Sur le chemin, je me hais, toujours un peu plus. J'arrive chez moi, je rentre dans ma chambre. Je ferme les yeux, très fort et je vais dans la direction de là où il est censé se trouver. J'ouvre les yeux......... oulala, mais que vois-je. Il est là. Mon putain de badge est là ! Je suis passé en un quart de seconde du plus misérable au plus heureux des hommes. Je suis soulagé. J'ai un sourire à m'en décrocher la machoire. Mon manteau à Las Cruces devient une broutille. Si je le récupère, tant mieux, mais après ce que je viens de vivre, c'est peenuts. Je retourne au labo. J'annonce la bonne nouvelle au grand chef qui retrouve instantanément le sourire lui aussi. On n'est pas passé loin du drame diplomatico-sécuritaire...

    Pour la petite histoire, mon manteau est parti ce matin de Las Cruces en overnight et devrait arriver demain à 15h.

    Tout se termine bien, comme d'hab', c'est trop facile, j'ai envie de dire :-) !




    mardi 1 avril 2008

    Un aperçu de ma nouvelle voiture à nanas

    Bon je n'ai pu eu le temps de vous écrire ce que je voulais, un contre temps m'en a empêché. J'ai dû aller à Santa Fé, chercher un fémur bovin chez l'un des 2 bouchers de la région !!
    Manque de bol, il n'en avait pas. J'ai donc passé commande pour demain... Vive la recherche !
    Pour vous faire patienté, voici quelques détails de ma nouvelle voiture...

    (encore un nouvel état !)

    .
    (jante alliage, j'y prends gout)


    (Et le meilleur pour la fin ! Devinez ce qui se cache dernière ça !)

    Bon, je vais me coucher, je suis tout nase, trop réfléchi à essayer de contrer la théorie de Paul, mon chef (je ne m'attaque pas au plus facile...) car je suis sûr (ou presque) que j'ai quelque chose de nouveau...
    A voir !


    dimanche 16 mars 2008

    The Guardian

    Ces derniers temps je travaille. Beaucoup je travaille. La semaine je travaille. Le week-end je travaille. Tard le soir je travaille... Je suis en phase critique de trouvage ce qui pour un chercheur en herbe est quelque chose de jouissif après des journées, des semaines, des mois voir des années de cherchage !
    Donc je passe beaucoup de temps au laboratoire et je me retrouve souvent seul dans le laboratoire. Comme vous le savez peut-être (surtout si vous lisez mes niouzes avec attention), le laboratoire est situé en pleine nature, entouré par la forêt (ou de ce qu'il en reste après le grand incendie de 2000). Et qui dit forêt, dit aussi animaux ! Par exemple, Brian (un des 3 post-doc de l'équipe) a vu un animal qu'il ne connaissait pas la semaine dernière. Il était en train de prendre un café avec les autres (en fait il ne boit pas de café, mais socialement, il faut bien faire des efforts pour s'intégrer alors il est présent pendant les pauses café), son regard divague à travers la porte fenêtre et ses yeux se portent sur un drôle d'animal. Ce n'est pas un écureuil, pourtant c'est dans un pin et ça court jusqu'au sommet. C'est blanc. C'est rare ! Il fait une recherche sur google image : C'est une hermine ! Pas banale, c'est vrai.
    Moi depuis 2 semaines, j'hallucine sur un autre type d'animaux. Il y en a pleins partout depuis peu. Ils font de l'animation avec leur chant. Et puis ils n'ont rien avoir avec ceux que l'on trouve en France. C'est fou le nombre d'espèces d'oiseaux différentes que l'on peut trouver dans le Nouveau-Mexique (ou tout du moins à Los Alamos, alors je n'imagine même pas ce que l'on peut trouver à l'autre bout de l'état !). Il y en a des verts, des avec crêtes, des avec juste la tête rouge, des petits, des gros... Il parait même que c'est bourré de colibri. Et moi, je veux voir les colibris car depuis que j'ai cru en voir un dans les alpes Suisses, je suis tout fou (en vérité, c'était un papillon connu pour ressembler à s'y m'éprendre à un colibri. Mais je ne l'ai appris que plus tard).
    Enfin bref, si le temps me le permet, je me ferai une journée de shootage d'oiseaux pas comme chez nous avec mon suppert nouveau zoom 400mm ! Et tout ça rien que pour me la pêter !
    Au milieu de tout ces animaux (je vous rappelle que j'ai croisé une meute, pas moins, de coyotes un matin, qui regardaient passer les voitures aux abords du lab et puis aussi une harde, pas moins, de biches qui traversaient la 2x2 voies), il y en a un qui se distingue de tous les autres... Depuis au moins 2 semaines, je le croisent régulièrement aux abords du labo. Il est solitaire et pas trop peureux. La toute 1ere fois que je l'ai vu, il était dans les palettes dehors. Et puis il a sorti le bout de son nez et m'a regardé. Je me suis approché et n'a pas bougé. J'étais vraiment surpris, presque ému. TJ passait par là, je lui ai dit :"look ! look ! He's not affraid !". TJ m'a regardé, m'a souri d'un air compatissant avant de partir. Quoi, mais c'est fou ! Il bouge pas, même quand on s'en approche !
    Depuis ce jour là, quand je quitte le boulot, je fais un tour des bâtiments en espérant le voir. J'en parle à la France. : "y a un truc incroyable au labo et puis il n'a même pas peur !" Quelques jours plus tard, je lui donne de nouveau de ces nouvelles. Alors elle me dit que ça ne peut pas continuer comme ça et qu'il faut lui trouver un nom..... Hummm "Toto ?" bof bof, "Victor ?" T'as pas pire ! "Edmond ?" Au fait, on est au Nouveau-Mexique, s'il doit avoir un nom, ce sera avec des consonances latines. "Ah, OK je vois, ce sera donc EDMUNDO ! " Ah oui, pas mal. Et puis Edmundo, c'est un prénom qui lui colle à la peau (ou plutôt aux poils devrais-je dire, ahahah !).
    Je m'explique, est-ce que vous connaissez l'éthymologie de ce prénom, non ? Alors la voici dans les grandes lignes, euh non, en fait ce sera dans les détails.
    Voici l'étymologie de son prénom :

    Dérivé de : Edmond

    • Couleur : violet

    • Chiffre : 1
    • Signe associé : lion
    • Fête : le 20 novembre

    Etymologie : du germain ed, « biens, richesses », et mund, « protec­teur »...

    Célébrités : Edmond Ier (922-946) et Edmond II dit « Côtes de fer » (980-1017), rois des Anglo-Saxons ; Edmond de Goncourt ; Edmond Rostand ; Edmond de Rothschild ; Edmond Maire ; sir Edmond Hillary, premier vainqueur de l'Everest en 1953 ; la romancière Edmonde Charles-Roux...

    Histoire et caractère : Le Moyen Âge britannique voua un culte à saint Edmond (840- 870), assassiné par les Danois à Thetford, et son tombeau de Bury- Saint-Edmonds donna lieu à quantité de pèlerinages. Au XIIIe siècle, saint Edmond Rich, archevêque de Canterbury, fut exilé en Bourgogne, où il mourut. Après une longue éclipse, Edmond revint en vogue, et dans toute l'Europe, au XIXe siècle. Il semble un peu en perte d'influence de nos jours, mais nombre de nos grands- parents furent des Edmond et des Edmonde. Ces « protecteurs du patrimoine » sont psychologiquement des fonceurs : brillants, entreprenants, réalisant impeccablement leurs projets, on s'accorde à reconnaître leur envergure intellectuelle, leur grandeur de vue, leur inventivité. Avec eux, il ne faut douter de rien : l'audace et le génie sont parmi leurs alliés. Mais pourquoi donc ne séduisent-ils plus aussi clairement qu'autrefois ? Notre époque aurait-elle peur du génie ?

    Edmundo, The Guardian, celui qui veille sur le laboratoire, sur les poubelles, sur les palettes, sur mes vis, sur Magma... Il en a du boulot.

    Alors voilà Edmundo, souhaitons lui la bienvenue.

    A peine l'avait-on baptisé qu'Edmundo disparut de la circulation. Le soir, je partais à sa recherche. Dans les palettes ? Non... Dans les poubelles ? Non plus... "Edmundo, aurais-tu déjà abandonné tes fonctions de gardien du temple de la recherche vissométrique !!" Peut-être lui était-il arrivé grand malheur, comme être dévoré par un coyote affamé ! En cette fin de semaine je me faisait grand tracas (en plus de celui qui me concerne directement: est-ce que la vis de longueur 2 inch et de diamètre 3/16 de inch provoque plus de non-linéarité que la vis de 1 inch et de diamètre 3/5 de inch, quand on lui tape de dessus après l'avoir vissé avec un tourne-vis dynamométrique d'un couple compris entre 10 inch.lbs et 50 inch.lbs ??!! Quand on vous dit que la recherche, c'est du sérieux !).

    Samedi soir, 19h12, je quittais le labo (une tendinite au poignet gauche). Je fis mon petit tour habituel, espèrant trouver un signe, ne serait-ce qu'une crotte, d'Edmundo. Et là, que vis-je près du sapin, Edmundo ! Hallelujah !
    Je décide alors de l'immortaliser pour la vie. Je sors mon téléphone portable (au mépris de toutes les règles de confidentialité et tout le tralala) et je m'approche de lui.
    Je m'approche une peu trop alors il part se cacher dans le sapin. Je le déloge. Il réapparait. Je le chope avec mon téléphone. Pour les miros, j'ai zoomé et entouré LA BETE !


    Voilà, je vous présente Edmundo le lapin. Mais attention pas n'importe quel lapin. Edmundo, THE GUARDIAN ! J'ai voulu prendre une photo en gros plan, histoire d'être sûr que personne ne pourrait jamais le confondre avec un vulgaire lapin mais il s'est barré en courant. Et il court vite le bougre, trop vite pour mon appareil photo.

    Je l'ai poursuivi dans la zone avec les radars (photos censurées par la CIA), une zone "authorized person only". Pendant que je le poursuivais, je suis tombé sur mon collègue Sasha qui téléphonait. J'ai bien vu qu'il esquiva un sourire plein de compassion. Sasha, lui, il ne sait pas que ce n'est pas qu'un vulgaire lapin, mais que c'est Edmundo ! J'ai bien voulu lui expliquer pour qu'il ne me prenne pas pour un fou... euuhhh, bah non, je crois que je me serais enfoncé un peu plus !
    Je suis donc allé vers ma voiture et je suis parti faire les courses chez Smiths. Content de ma rencontre.

    Aujourd'hui dimanche, je suis de nouveau allé au labo. J'ai de nouveau tapé sur mes vis (de la main droite ce coup-ci). Vers 18h56, j'ai décidé de quitter mon joujou et de rentrer tôt chez moi, histoire de profiter de mon week-end. En sortant, je jette mon coup d'oeil habituel. Pas d'Edmundo. Je décide alors d'aller voir du coté de la zone des radars et là surprise, Edmundo était encore là, près du bâtiment (oui, je sais ça ressemble beaucoup à un conteneur mais en fait non).

    Et puis Edmundo, c'est peut-être vraiment un lapin spécial. Je m'explique. Samedi midi, je suis allé chez "Ted's Barber" me faire couper les tifs. Un sacré "salon" de coiffure. J'avais vraiment l'impression d'être dans un film des années 60. Les chaises étaient d'époque :


    Et puis le coiffeur était un ancien G.I. (j'ai eu un peu peur de la coupe speciale "Marines", mais en fait non, le résultat est très correct, surtout pour 13$) ! En attendant mon tour, au milieu des magazines sur l'armée, je trouve un Geo. Je le feuillette et là vous ne me croirez pas, je tombe sur Edmundo! J'en crois pas mes yeux. Je lis l'article et je découvre qu'Edmundo est un "Pygmy Rabbit", très rare, en voie d'extinction... et qu'on ne le trouve que dans l'état du Washington et qu'il est le seul lapin à ne pas avoir la queue blanche..... Je me suis un peu emballé !



    Bref, il faut que j'en parle au reste de l'équipe, pour qu'on le surveille, qu'il aille bien. Demain je vais chez Smiths (encore ! bah oui il faut que j'achète des bières) et j'en profiterai pour lui prendre des carottes car pour le moment je n'ai que des Oreo à lui filer, et je ne suis pas sûr qu'il apprécie. Et moi, je veux qu'Edmundo, The Guardian, continue à protéger mes vis et Magma de tous ses espions qui rodent par ici!

    mercredi 5 mars 2008

    Ma nouvelle voiture... euh, en fait non !

    Coucou les amis, je suis très très mais très déçu car je voulais vous montrer ma nouvelle voiture avec ses nouveaux gadgets, lancer des devinettes en pagaille. J'avais même pris le temps ce matin de photographier ma voiture, intérieur, extérieur, détails, etc... Mais voilà, en tant que toxico du boulot patenté, j'ai fini bien trop tard pour vous écrire quelque chose. Il est minuit passé, je suis à peine rentré du boulot et je suis en train de finir de manger (de bonnes rillettes du pays avec du brie, une baguette à 3.49$ (et après on dit que la vie est chère en France !) et du vin rouge californien pas mauvais du tout).
    Donc tout est prêt pour écrire la news. Il faut juste que je décroche du boulot !
    Bonne nuit, je vais me coucher...

    mercredi 27 février 2008

    Aujourd'hui... j'ai piscine !

    Ahaahhhh, me revoilà ! Entre 2 manips, un peu de traitements de données et le dodo, je prends le temps pour bloguer un peu.
    Aujourd'hui, j'ai pris la très grande résolution de quitter tôt le boulot pour aller me détendre (et oui, il faut bien que je suive mes conseils...). Et ça devenait critique, je commençais à avoir mal au bide (vous savez, les fameux "G.A.Z"...) et puis des crampes musculaires me tiraillent tout le long du dos. Je connais ces symptômes, ils reflètent mon état de stress et un bon remède consiste à se changer la tête et faire travailler son corps. Et pour ça, rien de mieux qu'une séance d'entrainement à la plongée. Bon ici, à Los Alamos, il n'y a pas de centre de plongée, par contre il y a "l'aquatic center of Los Alamos" ! Ca pête, surtout le nom car on fait ce n'est qu'une piscine, certes de taille olympique, mais cela reste une piscine. Elle a la bonne idée de fermer à 20h du Lundi au Jeudi, ça tombe bien aujourd'hui, on est Mercredi. J'avais prévu le coup ce matin en embarquant mon maillot de bain (je vous vois venir, surtout toi Fabienne : non ce n'est pas un moule bite mais un beau boxer qui me va à ravir) et puis une serviette, MA serviette de rando, celle qui absorbe l'humidité sans devenir humide, une super invention.
    Donc, aujourd'hui, je passe ma journée à traiter mes données pour essayer d'en extraire quelque chose, voir une tendance, une séparation, une ligne imaginaire entre mes conditions. Je regarde mes courbes à m'en faire pêter les yeux en espérant trouver un critère discriminant, mais rien, vraiment rien de chez rien.
    Il est pas loin de 19h quand je décide de conclure que ça ne fonctionne pas, que notre super idée est bonne à jeter à la poubelle et qu'on n'a plus qu'à passer à un autre projet, un autre concept. Ca fait mal, mais c'est ça la recherche. Y a des jours où on découvre que ça ne marche pas et c'est déjà un grand pas en avant ! Mais bon, je vous dis ça maintenant sans trop d'amertume car entre temps je suis allé à la piscine. Tout à l'heure je ne faisais pas le malin. Pas moyen de prendre du recul.
    Donc il est 19h, je quitte le boulot à l'arrache pour être sûr d'arriver avant la fermeture de la caisse. Je paye mes 3.25$ et je vais dans le vestiaire des mecs. Contrairement à la France, il n'y a pas de cabine pour se changer. C'est tout nu avec tout le monde. Heureusement, je suis initié avec le club de plongée où la consigne est : tout nu dans la mixité ! Je me déshabille donc et cherche un casier pour mettre mes affaires. Ah, ils sont tous fermés avec un cadenas, vous savez, les cadenas ronds dont il faut tourner la molette et tirer à chaque bon numéro. Enfin là je fais le malin, mais en fait je ne savais pas trop comment ça fonctionnait. J'ai attendu d'être seul dans le vestiaire pour commencer à tripoter les cadenas pour comprendre leur fonctionnement. Je suis donc en maillot "boxer" de bain et pas moyen de ranger mes affaires à l'abri. Je décide d'aller à l'accueil pour lui demander un cadenas, mais je suis presque nu et je ne me vois pas me balader comme ça dans les couloirs de la piscine (d'ici à ce que je me fasse arrêter pour atteinte à la pudeur !). Je remets donc mon polo et me grouille de rejoindre l'accueil. La fille est charmante et a pitié de moi. Elle me file un cadenas gratos, bah oui, avec tout ça, il est déjà 19h33 ! Me voilà reparti dans le vestiaire, j'enfourne mes affaires dans un casier et je passe à la douche. Elle est obligatoire au Nouveau-Mexique et tu dois te savonner, sinon, pas le droit d'entrer dans l'eau.
    J'arrive tout beau tout propre au niveau du bassin. Ils ont coupé la piscine olympique en largeur pour avoir plus de lignes mais à cette heure-ci, ce n'est plus la peine : On est 3 ! Avec 3 personnes portants des t-shirts rouges avec une grande croix blanche dans le dos où cas où on n'aurait pas compris à qui s'adresser en cas de problème. Je me mets à l'eau, l'eau est super froide, il va falloir que je nage vigoureusement pour me réchauffer. Je vous passe les détails de mes différents types de nage (grenouille, crabes, étoile de mer...). 15 minutes plus tard, j'ai limite un poing de coté, je décide d'arrêter. C'est pas terrible mais on est quand même à plus de 7600 feet au dessus du niveau de la mer (si si, c'était écrit sur les mûrs de la piscine. Et puis on ne dit pas piscine, mes aquatomics. Hihihi, ils sont drôles ici, tout est atomique. Par exemple le bus s'appelle "atomic bus", au resto on a des "atomic quesadillas", chez Smiths, on a des "rabaitomic"...). Enfin bref, malgré ma faible endurance, je suis content de moi, une partie de mes douleurs ont disparu et je suis bien fatigué. Dans le vestiaire, je retrouve un des 2 autres gars qui se tient tout nu à coté d'un truc qui ressemble à une poubelle mais qui fait un bruit d'enfer. Le temps que je prenne ma douche, il est parti de la "poubelle," je vais pouvoir voir ce que c'est. Devinez (NOUVEAU JEUX QUIZZ). Sur quoi le mec avant moi était appuyé tout nu. La chose ressemble de loin à une poubelle, y a un couvercle. J'en ai jamais vu en France mais cela s'avère très pratique. Alors... ?... Dommage que je n'avais pas mon appareil photo avec moi !
    20h, je quitte la piscine et passe chez Smiths. J'ai trop la dalle et j'ai envie de manger quelque chose de bon. Je passe au rayon bière (oui je sais, ce n'est pas de la nourriture, mais j'avais aussi très soif...), j'achète aussi du jus de fruit et du lait pour le petit dej', mais toujours rien d'intéressant à manger ! Je décide d'aller au rayon "traiteur", je craque pour un bout de brie à 7$, il me faisait envie ! Et puis je décide d'acheter du poulet surgelé. Je vais me faire un repas d'inspiration Thai avec mon lait de coco qui m'attend à la maison (je l'avais acheté dès le premier jour à Los Alamos). Et voilà, j'ai fini mes courses. Comme maintenant je maitrise, je vais à la caisse automatique. Je passe tous mes aliments et je termine pas la bière car il faut montrer ses papiers pour prouver son age. Mais là, surprise, pas besoin de montrer quoique ce soit, la superviseuse a déjà validé mon âge, youhou, pour la 1ere fois je fais plus de 21 ans et ça se voit!! Je prends mes courses et me casse... SANS PAYER ! Et oui, j'étais bien naze, perdu dans mes pensées avec en ligne de mire mon repas thai. J'ai totalement oublié de payer. Mais je vous rassure, je me suis fait rattraper rapidos par la superviseuse et un autre mec. La honte. Je paye. Elle me fait une blague. Ahaha, c'est drôle. Je me barre.

    Et voilà, ce soir, je me suis fait péter le bide avec mon repas thai, qui a tenu ses promesses, le tout arrosé d'une bière de la Sierra Nevada. Fameux !

    vendredi 22 février 2008

    Silvretta

    Notre Group est envié par la division Geophysics entière. Certains bravent le froid et la neige en venant des baraquements voisins. D'autres attendent le social gouter du Jeudi après-midi avec impatience. Les visiteurs de passage dans nos locaux sont tout à fait disposé à revenir.... Tout le monde n'a d'yeux que pour Silvretta. On peut entendre dans les couloirs du Group : "Qu'est-ce qu'elle est bien faite !", "Moi je la touche pas", "Elle est un peu capricieuse, mais avec l'habitude, on peut obtenir le meilleur d'elle même".... AHHH Silvretta..... Même son nom a quelque chose d'exotique qui invite à l'évasion.
    Jeudi, j'ai voulu, moi aussi connaître Silvretta, m'en approcher. J'ai osé m'y aventurer tout seul, sans guide, car je suis un peu aventurier, mais j'ai fait machine arrière. Inabordable ! Un peu honteux, j'ai attendu aujourd'hui, pour avoir un guide. J'ai choisi TJ car il me semblait bien la connaitre. Il m'expliqua qu'il fallait la faire chauffer à blanc d'abord, puis bien tasser avant de la maintenir fermement. Quand on commence à bien la connaitre, il parait qu'il faut la purger juste après l'avoir laissé chauffer. Le résultat est parait-il de toute beauté.
    Mais la personne ayant le plus étudié Silvretta est Jim. Il serait arrivé à un degré de perfection inégalé il y a de ça à peine un mois, alors que Silvretta est présente au labo depuis plus de 5 ans ! C'est dire que Silvretta n'est pas facile ! Surtout que Silvretta a mal vieilli pendant ces 5 ans et ne se contrôle plus aussi bien qu'avant. Ainsi lorsqu'on la chauffe, elle ne sait pas s'arrêter, c'est à nous de dire stop ! Jim a compté exactement le temps qu'il ne faut pas dépasser : 35s. En effet, Jim sait aussi qu'à l'altitude à laquelle nous nous trouvons, les corps remplis d'eau passent à l'état gazeux plus rapidement qu'au niveau de la mer. Jim est vraiment fan de Silvretta, il lui prépare chaque semaine sa ratio hebdomadaire de graines. Pour cela, il a recyclé une vieille machine à popcorn. Comme Silvretta ne mange pas les graines entières, il faut lui moudre sa ratio, mais juste sa ratio quotidienne, pour ne pas que les arômes ne s'envolent trop vite.
    C'est ainsi que tous les matins et tous les Jeudi après-midi, Jim et Silvretta passent le plus clair de leur temps ensemble afin que chacun d'entre nous puisse avoir le meilleur expresso qu'il est donné de boire (aux USA).

    lundi 11 février 2008

    Au bord de la crise de nerf !

    Il est presque 22h, je viens tout juste de rentrer du labo et d'avaler de quoi remplir mon estomac qui criait grâce depuis près de 3h. Il va mieux, mais il va certainement me tirailler encore une bonne partie de la nuit. De son coté, mon cerveau n'est pas en reste. Malgré 20 min de lavage de cerveau devant THE channel : G.A.C (Greatest American Country), il reste bloqué, à ressasser le film de cette journée passée toute entière à essayer de résoudre un problème, un problème con, qui ne prend de telles proportions que chez moi, j'en ai presque honte. Je suis à 2 doigts d'aller consulter vous savez ! Bah oui, faudrait quand même pas que je m'esquinte la santé pour un truc qui ne fera même pas avancer la SCIENCE !
    Je vous explique. Tout avait bien commencé ce matin. J'arrive tranquille à 8h30 au boulot (j'avais envoyé un mail à Paul, mon chef là-bas, pour lui dire que j'aurai un peu de retard car j'étais avec la France ce matin). Là, mon colloc' de bureau me tend la carte PCMCIAtrucbidulle que j'avais cherchée dans tout le labo Vendredi. Je me dis, Yes (bah, oui, maintenant je suis billingue), je vais pouvoir torcher ma manip dans la journée, Paul sera content, Pascal (mon chef à Paris) sera content et du coup moi aussi, le top ! Mais voilà, c'est là que ça se gatte. Je connecte la PCMCIAtrucbidulle au Magma (c'est son nom, comme moi c'est Sylvain), je lance le logiciel d'acquisition et là, le drame : une fenêtre Windows s'ouvre. Impossible de se connecter au Magma car les drivers de l'octopus sont introuvables.
    (les enfants, éloignez vous de ce blog, ou fermez les yeux à la lecture de la prochaine ligne, je sais, c'est pas facile)
    AAAAHHHHHH! reAAAAHHHHH! PUTAINSAMERELAPUTE !!!!! Voilà les emmerdes qui commencent. La manip' qui ne devait durer qu'une journée (celle de vendredi dernier que j'ai passée à chercher la carte PCMCIetc), en est maintenant à sa 2ème journée. Et moi j'aime pas dépasser les délais fixés, surtout quand tout le monde te dit : "facile, à la fin de la journée t'as fini" et que toi comme un GRAND tu ajoutes : "Yes, of course, there is no problem. It's easy boss", et blablabla et que bien sûr il aura les résultats à la fin de la journée (qu'est-ce qu'on peut être imprudent parfois !!!). Rien pour la fin de la journée de Vendredi, et TOUJOURS rien pour la fin de celle-ci non plus.
    Après voir juré (moi, jurer ? noooon, jamais !), je me dis, voilà, il va falloir programmer le générateur de signal, l'acquisition du signal et par dessus tout, conditionner ce signal (bah oui, je clame depuis quelques semaines à qui veut l'entendre, les collègues, les membres du jury du renouvellement du labo, les américains... que MÔA, je sais conditionner le signal et que grâce à MON conditionneur de charges, (ou charge amplifier in english) la manip' en est grandement améliorée). Je passe donc la matinée à essayer de le conditionner ce PUTAIN de signal (aye, encore un juron) mais sans mon matos, d'où les premières aigreurs d'estomac. Sur ce, midi arrive très vite, moi je suis absorbé dans mon conditionneur. On m'en arrache difficilement (je commençais à le personnifier, à lui parler, "allez, fait un effort, sort moi un pic, s'il te plait". Peut-être qu'il comprend mieux l'anglais "please please please, a peak, please, please..." !
    Après un rapide tour au mexicain de Los alamos (ce qui n'arrange pas le bide)(pour Titienne : j'ai mangé des Quesadillas, et Christophe ?) , je retourne élico presto à la tâche. Je tourne 3 boutons du conditonneur, et je vois un pic, je sais pas d'où il sort, mais je m'en fous, y a quelque chose, enfin ! Je laisse tomber le conditionneur et commence alors à me lancer dans la P.R.O.G.R.A.M.M.A.T.I.O.N (oulala) en LABVIEW (OULALALALA), mon logiciel préféré, que même je voudrais la dernière version pour mon anniversaire. Un gentil collègue me donne son programme, "yes, ça va être facile, rien à faire". Ah non ! il est pas du tout adapté à mon application. Un 2ème gentil collègue me donne son programme, "cool, bah finalement je vais pas trop me galérer à refaire des trucs déjà faits 40 fois". Ah non ! je comprends rien à son truc. Va falloir que je me coltine tout depuis le début.... J'ai les mains qui commencent à trembler. J'ai chaud, très chaud. J'enlève mon pull. C'est pas suffisant ! J'enlève mon T-shirt, je suis torse nu dans la salle de manip' ! (non, je rigole, c'était juste pour vous réveillez ;-)). Je commence à taper un peu fort sur les touches de mon clavier. Quand les collègues sont dehors, je me surprends même à prier dieu, très fort, moi qui suis un inconditionnel athée ! J'essaye de me reprendre en main. Je vais chercher de l'eau pour m'hydrater, et part la même occasion remplir mon estomac (les sucs gastriques, ça brûle).
    Il est maintenant 17h, ça sent la fin de la journée, avec comme bilan provisoire : un pic, qui sort d'on ne sait où et un bout de programme non fonctionnel, bien maigre bilan.
    Pour ajouter à mon stress et à mon état de fébrilité, voilà que maintenant, un nouveau collègue russe, un ponte (bah ouaih, j'ai lu ses articles, c'est une référence) débarque dans la salle. Il a besoin de Magma. Euuuh, non laissez la moi, je commence tout juste à en percer les secrets, à savoir comment lui parler. Silvousplaitmonsieurlegrandchercheur !! Laissez moi encore quelques heures avec elle, promis, c'est easy, je vais finir rapidos.
    Il est maintenant 18h30, le collègue russe est le dernier à partir. Je me retrouve tout seul dans le labo. J'ai envoyé un mail de secours à la France, mais j'oubliais qu'elle dort (2h du mat', tu m'étonnes). Je suis face à moi même, à mon cerveau, à mon incompétence, à la maitrise de moi, à mes nerfs, à mon cerveau, à mes nerfs, à mon cerveau, à mes nerfs, à mon cerveau, à mon cerveau, à mon cerveau............. Il reprend le dessus sur mon système végétatif (ou parasympathique, les cours de BL30, ça remonte à presque 10 ans !). Je reprends tout méthodiquement, je vois un signal qui s'affiche sur mon écran, puis 2, puis ça s'affiche en tant réel et maintenant ça réagit à mes coups de marteau (un jour je vous expliquerai mes recherches), YESSSS, voilà que mon programme prend vie, il marche, halleluja, merci mon dieu, allah wak bar !
    Il est maintenant 21h, je suis crevé, lessivé, c'est à peine si je tiens sur mes jambes, j'ai le bide en vrac et j'ai presque envie de vomir. Les mêmes symptômes qu'après un marathon, marrant, non?
    Je sors du labo et je récupère ma voiture sur le parking désert. Je rentre chez moi. J'ai la musique à fond dans le poste (107.5, the country music broadcast of New-Mexico), je me sens léger, heureux d'avoir accompli mon job, avec en plus ce petit truc qui fait qu'on se sent en vie. Ce soir, JE ME SENS INVINCIBLE !


    Ce soir, je ne vous aurai donc pas parler de ma journée à Santa Fe, ni des 3 biches qui ont traversées la route ce matin en pleine ville, ni même des 2 coyotes qui trainaient nonchalamment sur les abords du labo. Ce sera pour une prochaine fois, promis !


    lundi 4 février 2008

    Mon premier jour

    Je viens de terminer mon premier jour dans mon nouveau Labo.
    Il a commencé par un coup de flippe. Je m'explique, il a neigé toute la nuit et tout était recouvert d'un manteau neigeux assez épais.

    ________________(Samedi soir) _____________________(ce matin)______________
    [Pas mal la comparaison, non ?! Et puis ma voiture au premier plan, ça pête :-)]


    (ma maison pendant que j'y suis. Elle n'est pas en carton, mais presque !)

    J'ai donc commencé ma journée par gratter ma voiture. Heureusement, elle est fournie avec une raclette de compet' avec brosse, spatule molle et spatule dure, top !

    Je n'ai eu aucun mal à passer les barrières de sécurité du lab, il suffit de s'arrêter devant la guérite et de faire un signe de la main pour qu'on te dise de passer. Plus dur a été d'obtenir mon badge sécurisé. En effet, il a fallu que j'attende plus de 2h que la personne qui s'occupe des badges pour les visiteurs étrangers arrive au boulot. Et oui, à Los Alamos, quand il a beaucoup neigé, pour éviter que les employés prennent des risques en allant au travail, ils décalent l'heure d'arrivée afin de laisser le temps aux déneigeuses de faire leur travail. Aujourd'hui, le labo ouvrait à 10h. Comment le savoir ? Il suffit d'appeler le matin même une hotline qui donne l'info. J'ai récupéré le numéro, demain je ne me ferai pas avoir (comme il a neigé toute la journée et que ça continue, y a de forte chance pour que demain ça soit grasse mat').

    A part ça, j'ai retrouvé TJ (mon collègue américain qui était en France cet automne). Il fut super surpris de me voir. Il croyait que j'arrivais le 22 février. La secrétaire aussi ! Et puis Paul aussi (l'autre collègue américain) ! Après enquète, il s'avère que j'avais un peu merdé dans mon dernier mail avant de partir. Je leur avais dit : "I will arrive in Los Alamos around 22h". Vous voyez l'erreur de débutant ? Et oui, on dit pas 22h en américain mais 11pm; eux ils ont pris 22h pour 22th !! J'ai vraiment des progrès à faire en anglais.

    A part ça, j'ai fait le tour de mes nouveaux collègues (on est 3 Français), des bureaux, de la salle de manip (on est gaté au LIP, chez eux, c'est vraiment tout petit) et puis j'ai mangé mes 1er tacos mexicains (la bouffe, c'est important ;-)).

    J'ai aussi passé une partie de mon après-midi à faire mon premier "training" qui consiste se coltiner tout un blabla sur la sécurité informatique. Il faut être attentif, car c'est suivi d'un quiz. Si on répond mal, on n'a pas le droit de travailler au labo. Demain, je fais du training toute la journée, ça va être terrible. En plus il semble que je sois le seul inscrit pour cette session. Ca va être la joie, une journée en tête à tête avec le prof !

    Au fait, pour ceux qui ne connaissent pas Paul, c'est lui :



    Il fait la une de la newsletter du labo, ça pête, surtout quand on sait qu'il y a prêt de 10000 personnes qui y travaillent. Vous pouvez lire l'article c'est pour les néophites, comme vous et moi. Au fait, vous savez comment je suis tombé sur le journal ? C'est un mongole qui faisait la queue avec moi ce matin pour obtenir son badge qui me l'a tendu lorsque je lui ai dit que j'allais travailler dans la division Geophysics. Il a eu un sourire et m'a demandé, c'est avec lui ? Non, pas possible, c'est avec lui, quelle coincidence !!